Dans cette émission, nous avons parlé des différences (de revendications, stratégies, etc.) au sein des luttes des sans papiers, mais aussi de comment la lutte des sans papiers rejoint (ou pourrait rejoindre) d’autres luttes.
Mercredi 29/6 à 12h et samedi 09/07 en direct sur Radio Panik
En Belgique ce mouvement des « indigné(e)s » prend naissance à Bruxelles, (Carré Moscou, Flagey,…), Liège, Anvers, Gand…
Nous, Bruxellois, jeunes et moins jeunes, issus de l’immigration ou pas, avec ou sans papiers, naturalisés ou pas, travailleurs, chômeurs, sans revenu, sans domicile fixe,… nous refusons de rester des citoyens suspectés et de seconde zone, nous affirmons que tout individu, quel qu’il soit, n’est ni plus ni moins égal qu’un autre.
A Bruxelles, les écarts de richesse entre quartiers prospères et quartiers sinistrés ne font que se creuser. Ces fossés sont à l’image de ceux qui existent, partout dans le monde, entre régions riches et régions pauvres. Et, au sein de chaque partie du monde, entre riches et pauvres.
Bruxelles compte plus de cent cinquante nationalités et plusieurs langues. Cela ne peut nous faire oublier que le problème fondamental est celui de la répartition des richesses et non le problème de l’origine nationale, de la religion, de la langue ou de la culture.
Un quart des Bruxellois vit sous le seuil de « risque de pauvreté ».
« Bruxelles est caractérisée par une importante concentration de la pauvreté dans les quartiers fortement peuplés du “croissant pauvre” au centre de la ville, notamment le bas de Saint-Gilles,
Cureghem, les Marolles et le sud du pentagone, le bas Molenbeek, Laeken, le bas de Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode. Cette zone est habitée par de nombreuses familles avec des jeunes enfants.
Le taux de chômage y atteint plus de 25 % et même plus de 40 % chez les jeunes. La proportion de ménages qui vivent d’une allocation du CPAS y est jusqu’à 5 fois plus élevée que dans le reste de
la région. Dans certains quartiers, jusqu’à un enfant sur deux vit dans un ménage sans revenu du travail ».
Parmi les Bruxellois, les sans-papiers sont ceux qui vivent le pire calvaire.
La politique d’immigration se durcit de plus en plus, des nouveaux centres fermés se construisent pour expulser les sans-papiers …
Les choses peuvent changer et les Intifada dans les pays arabes l’ont bien démontré !
En harmonie avec la révolte populaire du « mouvements des indigné(e)s » qui touche notre ville, Bruxelles, nous nous construisons en vue d’un futur campement le 01 juillet.
Notre rôle consiste à être une passerelle entre les revendications du Sud, du « mouvement des indigné(e)s, et les nôtres.
Le 14 Juin 2011, le collectif Sans Papiers Belgique était de retour dans les rues de Bruxelles. De la maison du néerlandais à la place de la Bourse, les manifestants ont scandé : "Le droit à l'enseignement pour tous, avec et sans papiers !" Une nouvelle action organisée en réponse au projet de décret qui interdira aux personnes n'ayant pas de titre de séjour de suivre les formations de promotion sociale de la communauté flamande et notamment les cours de néerlandais.
Le matin, à 8h30, une délégation du SPBelgique soutenue par les portes paroles de deux organisations, a été reçue par Monsieur P. Smet, le ministre flamand de l'enseignement. La discussion a duré presque une heure, le temps nécessaire pour comprendre la vision de l'immigration du ministre socialiste flamand. Pour lui, le point de départ de cette disposition vient de son souhait d'harmoniser la politique régionale en matière d’immigration avec la politique fédérale centrée sur les expulsions et les retours "(non)volontaires". Un consensus politique, d’après le ministre de l'(in)égalité de la (mal)chance, né de l'urgence de trouver une solution à la problématique des sans papiers. Il pense qu'interdire l’accès à l'éducation aux personnes sans papiers va les inciter à rentrer « chez eux », ceci afin d'éviter la fin de l'état social. Comme si c'était les sans papiers qui vidaient les caisses de l'état !
Le ministre flamand avance que la société « Belgo-flamande » est confrontée à un problème d’intégration des communautés étrangères et que la priorité doit être donnée aux personnes déjà en séjour régulier. Mais il oublie de rappeler que ce qui a créé ces difficultés de cohabitation, c'est la marginalisation des populations immigrées tout au long des vagues successives d'immigration. Exclure les personnes les plus précarisées « au sens juridique et social » d'un accès à un droit fondamental est une pure discrimination et c'est cette fois par le biais de l'éducation que l'on cautionne une politique de répression et de pénalisation. Le fait de penser qu'une nouvelle politique de la peur va convaincre les "sans papiers" de quitter la Belgique n'est qu'une illusion (de plus cette politique coûtera nettement plus cher que laisser l'accès aux formations). Les migrations font parti de la nature humaine et l'immigration clandestine n'est qu'un témoin du malaise de l'être humain, là ou il vit. Des milliers de gens, enfants, femmes enceintes, vieillards, jeunes de toutes les couleurs disparaissent au fond des mers ou dans le désert. Des dizaines de milliers se font enfermer dans des centres de la honte pour être déportés avec comme seul motif le fait d'avoir tenté de fuir une misère humaine, sociale ou économique. Ce n'est ni le décret 21 de l'enseignement, ni les vols Frontex(1), ni les centres SO-DE-XO(2) qui vont empêcher ces personnes de prendre tous ces risques à la recherche d'une vie meilleure !
Cela, les politiques le savent parfaitement. D’où la question que l'on doit de se poser : à qui profite la clandestinité ? Aux petits et grands patrons peu scrupuleux ? Aux marchands de sommeil ? Aux mafias ? Aux marchands d’esclaves modernes ? Bien sur que oui. Mais il n' y a pas que ça. La clandestinité profite à toute la société, la société qui ferme les yeux sur cette réalité amère. Ce qui est dramatique, c'est qu'à cause de ce dénis, une nouvelle sous-société verra bientôt le jour, elle sera une zone noire à la marge de tout processus, où tout sera possible, accentuant la peur, la stigmatisation et le repli communautaire.
Alors monsieur P.Smet a proposé une autre solution : Rentrez chez vous et changez la situation là-bas ! Et nous de lui poser la question : "Mais qui tient les dictatures en place ?" Il n'a pas eu d'autre réponse que : "l'hypocrisie politique"...
Criminaliser une personne étrangère, séparer les enfants de leurs parents, demander aux écoles de les exclure et banaliser les déportations rappellent des périodes noires de notre histoire où les plus grandes barbaries trouvaient des justifications dans le discours politique. Certes les méthodes ont changées, l'homme pense avoir trouvé un équilibre : humaniser la répression et les injustices. Mais rappelons nous que cela n’enlève rien à la cruauté de cette politique.
S.A
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1. L’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne
2. Sociétés d’expulsion organisée en référence à l'implication de certains sociétés dans les centres fermés.
20/06/11 08:54
Gabon
Morts de clandestins, "détention dans les normes" pour le gouvernement
LIBREVILLE - Le gouvernement gabonais a estimé dimanche que la détention des trois immigrés clandestins à Bitam (nord, frontière Cameroun) décédés jeudi s'est effectuée "dans
les normes" et a parlé de "désinformation de la presse".
"A aucun moment, il n'a été exercé une quelconque forme de violence sur les personnes interpellées. La détention des personnes appréhendées s'est effectuée dans les normes,
conformément aux lois et règlements en vigueur en République gabonaise", a affirmé Eugène Philippe Djeno, directeur du cabinet du ministre de la Défense Rufin Pacome Ondzounga, dans un communiqué
lu à la télévision nationale RTG1.
Selon le communiqué, la gendarmerie a procédé le 14 juin "à l'interpellation de 15 Maliens, 4 Burkinabés, 1 Guinéen de Guinée Conakry, tous en situation irrégulière (...)
entrés sur le territoire gabonais depuis plusieurs semaines moyennant le paiement" à une commerçante camerounaise de Bitam de 150.000 F CFA par personne (230 euros)".
"Toutes ces personnes se terraient dans une seule pièce vivant dans des conditions très précaires et particulièrement insalubres", souligne le communiqué du ministre de la
Défense et du ministre de l'Intérieur Jean-François Ndongou, qui se sont rendus sur les lieux. "Le 16 juin aux environs de 6h00, les 17 personnes gardées à vue présentant différents troubles ont
été immédiatement conduites au centre médical de Bitam pour y recevoir des soins. L'une d'elle décédera avant son arrivée à l'unité de soins; les deux autres 3 heures plus tard", précise le
texte.
"Des individus mal intentionnés (...) ont voulu fomenter des troubles séditieux dans la ville en propageant des informations erronées et fallacieuses sur cette situation
déplorable", selon le texte. "Face à la confusion et désinformation des medias nationaux et internationaux (...) des instructions fermes ont été données (...) pour que des enquêtes soient menées
afin de clarifier la situation sanitaire à l'origine des décès" et "pour élucider toute la situation et éventuellement établir des possibles responsabilités", selon le communiqué.
http://www.portalangop.co.ao/motix/fr_fr/noticias/africa/2011/5/25/Morts-clandestins-detention-dans-les-normes-pour-gouvernement,625764fa-88cf-4555-a0ae-0fc639744de1.html
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